Elle est la belle de l’arène politique. Sheila Grenade n’a pas voulu taire l’appel qui la prédestinait à se mettre au service de la cité. Pas de demi-mesure avec elle. Elle assume avec le même dévouement son rôle de mère de famille.
Son maquillage s’assortit à ses vêtements. Pour Sheila Grenade, chaque femme a une beauté particulière qu’elle devrait mettre en valeur. « La femme est faite pour être belle, toutes les femmes sont belles pour moi », dira-t-elle d’emblée. Et pour cause, elle se passionne pour l’esthétique. « Chaque jour est un jour spécifique auquel je m’adapte », poursuit-elle. Par conséquent, elle s’habille selon son humeur. Elle opte volontiers pour des couleurs vives et chic quand la bonne humeur est au rendez- vous et quand c’est la déprime, elle préfère arborer une queue de cheval, un jeans et un T-shirt. Ce qu’elle fait d’ailleurs, fait-elle ressortir, « c’est pour moi et non pour les yeux des autres, pour me faire plaisir ».
A 40 ans, Sheila ne se met pas dans la peau de ceux qui ont cet âge. Car, pour elle, c’est dans la tête que l’on vieillit. « Je n’ai pas honte de dire mon âge. A 40 ans, il y a des gens qui se mettent déjà sur le chemin des clubs du 3e âge. Je suis différente. Quand j’aurai 60 ans, dans ma tête, je ne dirai pas que j’ai 20, mais plutôt 25 ans », dira-t-elle avec humour. Mais de renchérir : « Tu ne vas faire comme les jeunes de 20 ans, mais tu peux les comprendre et les accompagner ».
AU SERVICE DES AUTRES
Née d’une mère enseignante et d’un père vigile, Sheila a grandi à La Tour Koenig. Enfant, elle voulait devenir prof. Taquine, elle se plaisait à malmener les plantes de sa mère, ce qui lui vaudra des fessées en retour. Mais c’est dans la marmite de la politique qu’elle tombera. Cette bosse, Sheila la tient de son époux Ruben qui est issu d’une famille qui a la politique dans le sang. « Je suivais mon époux dans les réunions », relate-t-elle. Voie qui ne lui a pas été difficile à emprunter car elle avait déjà le sens du social après avoir été dans les Girl Guides. Une étape qui lui a appris à se mettre au service des gens. C’est son époux donc qui la guide dans cette voie et ca fait plus de quinze ans qu’elle y est déjà. « J’ai bénéficié du soutien total de mon mari et on s’entraide », souligne-t-elle.
Mère de trois enfants – deux garçons et une fille, âgés de 19, 14 et 12 ans –, Sheila Grenade dira qu’elle est non seulement leur mère, mais aussi leur amie et leur complice. Ce qui prend souvent de court ceux qui la voient marcher et tenir la main de son fils dans la rue. Elle fait fi des commentaires désobligeants qui sont lancés. Cela dit, elle veille au grain en ce qui concerne l’éducation de ses enfants. Ainsi, lorsqu’elle est prise par certaines occupations et ne peut superviser les devoirs de sa progéniture, elle ira vérifier leurs cartables plus tard à deux heures du matin pour voir si tout est en ordre. Toutefois, la politique n’est pas une pierre d’achoppement à sa vie de couple. « Les enfants comprennent mon engagement. Je ne peux pas dire que c’est un problème pour moi, mais il faut savoir gérer parce que les rôles de mère et de politicienne sont très exigeants. Même si on a une bonne planification de son emploi du temps, on ne peut ne pas faire ce dont on a envie », dira-t-elle.
Ce que Sheila affectionne, c’est de passer de bons moments en famille autour d’un repas. Elle adore cuisiner dans un lieu favori où toute la famille peut s’amuser, chanter et danser. Ses passe-temps sont justement la chanson, la danse, la peinture, le foot. Elle adore aussi se faire de nouveaux amis. Aussi, elle ne baisse jamais les bras dans tout ce qu’elle entreprend. « J’aide ceux qui sont dans le besoin, et quand j’ai réussi, j’aime bondir de joie », ajoute-t-elle. Mais elle déteste l’hypocrisie et la jalousie quand elles deviennent maladives. De petits défauts qui, à coup sûr, nuisent à la beauté intérieure de l’être.
GÉRALDINE BAIJOO
GBAIJOO@YUKONDALE.COM




















