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Ce qu’il faut revoir
 

Le ministre des finances a annoncé une révision de l’aide octroyée aux pme dans le cadre du ‘stimulus package’. Une mesure salutaire pour les principaux concernés, mais il y a lieu de prendre des mesures plus spécifiques.

Faire en sorte que les aides octroyées soient plus efficientes et mieux dirigées vers les Petites et moyennes entreprises (PME). Le ministre des Finances, Pravind Jugnauth, a annoncé, au Parlement la semaine dernière, la révision d’une partie du système d’aide octroyée aux PME dans le cadre du ‘Stimulus Package’.

Ainsi, en accord avec le ‘Mauritius Approach for SME Scheme’, les banques commerciales du pays avaient agréé le prêt d’une somme globale de Rs 300 millions à un taux d’intérêt de base à l’attention des PME. Le déboursement des fonds devait être préalablement avalisé par un consultant indépendant, tandis que le gouvernement, lui, garantirait le prêt. Les objectifs de ce plan d’aide ? Ils sont multiples : améliorer la productivité et la compétitivité, aider à l’exportation des produits, aider à la modernisation des équipements ou encore diversifier les marchés.

Mais si dans son intitulé, ce plan d’aide paraît avoir de multiples avantages, dans la réalité, son impact a été très limité. Les chiffres révélés par le Grand argentier, la semaine dernière, donnent d’ailleurs la mesure du quasi-échec du plan : seules 22 demandes ont été reçues sous ce ‘scheme’, dont cinq ont été approuvées pour un montant de Rs 26,5 millions. Le constat est donc finalement quelque peu décevant. Il y a un problème d’accès qui se pose pour les principaux concernés et qu’il sera nécessaire de revoir, a expliqué en substance Pravind Jugnauth au Parlement.

ACCÈS AU FINANCEMENT
Les changements annoncés au niveau de ce plan sont accueillis favorablement par les PME. « Apporter des changements à ce plan est une bonne chose. Dans sa forme actuelle, ce ‘scheme’ ne bénéficie qu’aux grosses entreprises », soutient ainsi Amar Deerpalsing, le président de la fédération des PME. Mais cette avancée reste, somme toute, assez limitée, fait ressortir Michel Mootoosamy, directeur d’une PME et ancien président de la fédération des PME. « L’argent à lui seul ne réglera pas les problèmes des PME. L’on en est arrivé à un stade où cela ne suffira certainement pas. Je suis d’ailleurs, dans le présent état des choses, plutôt pessimiste pour le secteur », fait ressortir ce dernier.

L’accès aux finances et le problème de liquidités demeurent des contraintes non négligeables pour les PME. Mais il y a lieu de voir au-delà d’une simple problématique de ‘cash flow’. Avec des évolutions rapides au niveau des échanges mondiaux ou encore des changements structurels dans la politique économique interne du pays, les PME doivent faire face à bien des ‘challenges’.

Amar Deerpalsing identifie quatre « difficultés majeures » pour les entrepreneurs. Premièrement, l’accès aux sources de financement. Puis l’accès aux marchés, surtout ceux qualifiés de « porteurs ». Le manque de fonctionnement des institutions facilitateurs. Et, finalement, la maind’oeuvre. Avoir une approche ciblée pour éliminer ces contraintes. Le salut des entrepreneurs passe par cette voie, fait ressortir le président de la fédération des PME.

Aller de l’avant avec le projet de faire de Maurice une ‘duty free island’, c’est, à terme, la clé sous la porte pour un certain nombre de PME, soutient quant à lui Michel Mootoosamy. D’où la nécessité de prendre, avec diligence, les difficultés des PME à bras le corps, souligne aussi ce dernier. Bien que, soutient-il, les PME peuvent également prendre avantage d’une « Maurice hors taxes ». Mais il faudra mettre en place une stratégie bien rodée dans ce sens.

« Il faut absolument revoir tout ce qui concerne la compétitivité et le marketing des PME », explique aussi notre interlocuteur. Mais également faire une bonne distinction entre les différents types de PME, terme quelque peu galvaudé, qui peut englober une micro-entreprise de deux ou trois personnes et une autre de 200. Faire une distinction bien précise, ce serait ainsi cibler plus efficacement les problèmes et trouver, de ce fait, des solutions bien plus adéquates.

Des mesures qui s’avèrent nécessaires lorsque l’on sait le poids des PME, mais aussi leur potentiel. Selon les estimations, les PME emploieraient ainsi plus de 210 000 personnes, générant un chiffre d’affaires d’environ Rs 80 milliards annuellement. Mais le secteur, dans sa globalité, demeure difficile à chiffrer avec exactitude, du fait d’un certain nombre de PME impliquées dans un commerce informel, lequel est ardu à cerner.

Il est estimé que les PME contribuent pour un peu plus de 20% du Produit intérieur brut du pays. Ce qui n’est pas négligeable, dans la mesure où un grand nombre d’entre elles évoluent avec des moyens limités. Mais ce qui peut s’avérer peu lorsque l’on considère que, dans certains pays européens, les PME contribuent pour près de 60% du PIB, comme en Allemagne.

En juillet 2006, la Banque mondiale (BM) publiait un rapport intitulé 'Mauritius from preferences to global competitiveness', dans lequel l'institution faisait état des lacunes et des moyens d'aider les PME. Les rédacteurs du rapport expliquent ainsi que les PME devront être intégrées dans le secteur formel afin, notamment, de faire grimper le taux de croissance. La BM estime, dans la foulée, que le secteur informel est « unusually large à Maurice ».

Les experts de la banque notent également que le problème le plus criant des petites entreprises reste le financement et que les procédures pour se faire enregistrer comme PME devraient être plus souples.

Donc, encore des recommandations pour aider ce secteur qui, loin de se limiter à des problèmes, recèlent aussi bien du potentiel. Dès lors, pourquoi ne pas mettre bout à bout les différentes propositions ? Ce qui offrirait alors le début d’une solution dans le long terme…

DIDIER HORTENSE
DHORTENSE@YUKONDALE.COM


Source : Impact
   
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