Séance parlementaire extraordinaire cette semaine. L’« order paper » (ordre du jour) habituel a été chamboulé pour les besoins du vote du Supplementary Appropriation Bill. Deux budgets supplémentaires ont été votés au Parlement mardi, soit Rs 6,8 milliards pour la période de juillet 2008 à juillet 2009, et Rs 2,8 milliards pour la période couvrant de juillet à décembre 2009.
Dans sa présentation initiale, le ministre des Finances a expliqué comment, malgré le fait que les sommes qui ont été dépensées soient en deçà de celles initialement budgétés, il était nécessaire de venir de l’avant avec ce budget supplémentaire. Pravind Jugnauth a fait ressortir, en substance, qu’avec l’introduction du Program Based Budgeting (PBB), les sommes budgétées le sont séparément pour le capital et le « recurrent budget » (budgets courant et de développement). Et que les sommes sont budgétées « par programme et non par vote ».
Le Grand argentier a ensuite énuméré, en détails, par ministère et autres institutions de l’Etat les dotations supplémentaires. Pêle-mêle, pour la période juillet 2008-2009, la force policière a nécessité une somme additionnelle de Rs 668,5 millions, largement due au paiement des hausses salariales dans le cadre du rapport du PRB. Le ministère de l’Agro-industrie a eu besoin d’une somme additionnelle de Rs 934 millions, dont Rs 760 millions pour les mesures d’accompagnement pour l’industrie sucrière.
Concernant le ministère du Logement et des Terres, des Rs 752,7 millions de budget additionnel, Rs 750 millions ayant été destinées à un Social Housing Development Fund. Pour le ministère des Infrastructures publiques, ce budget additionnel est nécessaire, principalement, dans le cadre des allocations à la Road Development Authority. Le plus gros bénéficiaire de cette période a cependant été, sans conteste, le ministère de l’Education, avec Rs 1,5 milliard, dont une grande part était destinée au paiement dans le cadre du PRB.
Pour la période juillet à décembre 2009, c’est le ministère des Administrations régionales et de Rodrigues qui a reçu la plus importante dotation, avec Rs 713 millions. Le budget supplémentaire de la force policière s’est élevé à Rs 325 millions, celui du ministère des Energies renouvelables à Rs 622 millions tandis que le Tourisme, lui, a récolté Rs 375 millions.
« MÊME TRAIN-TRAIN »
Répliquant à ces explications chiffrées de Pravind Jugnauth, le leader de l’opposition a expliqué que « nous ne pouvons, année après année, poursuivre avec le même traintrain, comme l’a souligné le directeur de l’Audit dans son dernier rapport ». Paul Bérenger s’est, dans la foulée, référé à l’Afrique du Sud, qui a récemment mis en place un ‘Standing Committee on Appropriation’ afin de mieux gérer les dotations budgétaires additionnelles. « Pourquoi ces fonds supplémentaires ? Nous sommes en droit d’avoir des explications », a martelé le leader de l’opposition.
Ce dernier s’est longuement étendu sur les projets qui ont nécessité un budget supplémentaire. Paul Bérenger a ainsi évoqué le Plaine-Wilhems Sewerage System, qui s’est vu accorder une somme supplémentaire de Rs 421 millions, alors que la dotation initiale était de Rs 586 millions. Parmi les autres chiffres avancés par Paul Bérenger : Rs 407 m supplémentaires pour le Road Decongestion Programme qui devait, à l’origine, coûter Rs 14 millions. Alors que le projet d’achat d’un hélicoptère par la force policière était estimé à Rs 45 millions, il a nécessité un budget additionnel de Rs 214 millions.
Paul Bérenger est aussi revenu sur les nouveaux ‘items’ budgétaires ayant nécessité une rallonge. Celui-ci soutient ainsi que le gouvernement devait avoir une idée, lors du vote des dotations préliminaires, de la mise en fonction de ces nouveaux projets.
Dans sa réplique à l’intervention du leader de l’opposition, Pravind Jugnauth a tenu à faire des remarques concernant, entre autres, l’évocation du rapport de l’Audit. Le Grand argentier a ainsi expliqué que le gouvernement prendra bel et bien des mesures pour « remédier aux différentes critiques soulevées » dans le rapport. Le ministre des Finances a aussi élaboré sur le PBB et sur sa « flexibilité » qui, dit-il « aide différents ministères et départements à atteindre plus correctement leurs objectifs ».
DIDIER HORTENSE
DHORTENSE@YUKONDALE.COM




















